C’est vrai qu’il y a l’automne, rouge, frais. Ensuite vient l’hiver, avec son tri-cycle neige-glace-eau en fonction des baisses de la température dues à l’alternance de périodes diurnes et nocturnes. Puis le printemps que l’on attend avec impatience en suivant la ligne de floraison des cerisiers après la météo à la télé. Et lorsqu’enfin on a la chance de voir ces fleurs qu’on nous vante tant, le cœur s’apaise et s’émerveille dès que les yeux se lèvent. Alors finalement on marche la tête en l’air dans l’allée du parc Ueno pour profiter de la beauté légendaire de la nature japonaise et ignorer la décadence de son humanité, certes conviviale, mais également imbibée de saké. Assez vite les pétales roses commencent à voleter et à couvrir les plans d’eau de tâches blanches, le temps se réchauffe et on ressent de plus en plus l’humidité comme étouffante.
Alors l’été s’approche… mais pour y pénétrer, il faut d’abord traverser un sas : la saison des pluies. Le bi-cycle douche-sauna se charge de nous préparer à la dernière saison. On appelle cette période Tsuyu (梅雨), la saison des pluies. Préférez un t-shirt et une casquette sous un long k-way voire un affreux pancho en plastique transparent à 100 yens pour le haut du corps, des chaussures ouvertes type tongs pour les pieds. Le parapluie peut aussi s’avérer utile, même en bicyclette. Ne pas dépenser plus de 100 yens, puisque vous serez forcé de l’échanger contre un autre parapluie à la sortie de chaque bâtiment qui lui, ne coûtera pas plus de 100 yens. La douche qui vous lave en 5 secondes dure environ 2 jours. Vous pouvez ensuite momentanément troquer votre k-way contre des t-shirts de rechange et observer le fait qu’on puisse suer de tous les endroits du corps sans exception. D’où la facilité des judokas japonais à perdre du poids en période précompétitive (sauf peut-être Kousaku Hatanaka…), contrairement aux européens qui peinent à perdre l’eau de leur corps en un temps réduit avant de passer sur la balance.
Enfin, on vous avait prévenu, tous les étrangers vous en avaient parlé, de cette saison infernale et vous pourrez en parler à votre tour comme d’une expérience traumatisante, mais certainement aussi riche en souvenirs. Car un mois et demi plus tard, vous découvrez que l’été est à peine plus supportable. Il fait… chaud et… humide… et chaud. Et l’intérieur des bâtiments est climatisé. Oh joie ! Je n’étais encore jamais tombée malade en été. Je n’aurais jamais cru dire un jour « vivement l’automne ! »
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