jeudi 29 novembre 2007

Vivez la nuit !

De "Dazibao" à "la Nuit des 4 jeudis"
L'événement hébdomadaire innovant à Rennes qui rassemble les jeunes est né de la volonté d'animer la vie nocture.


C'est suite à un séjour de certains directeurs municipaux rennais en Espagne que le projet a été créé. La réflexion est partie d'une observation : les cités vivent la nuit. En 2005, les plaintes des habitants de la Place Saint Anne et des alentours concernant leniveau sonore se multipliaient, en particulier le jeudi vers deux ou trois heures du matin. Que faire pour que tous les citoyens se sentent bien à Rennes sans avoir recours à la répression ?

Les différents services de la ville mettent alors en place un projet : Dazibao. On tente de délocaliser le lieu de rassemblement des jeunes en organisant leurs soirées : les tables de ping-pong remplacent les bars. Puis on déploie le concept qu'on baptise "la Nuit des 4 jeudis". A chaque jeudi son thème entre art, culture, musique et sport. L'idée, selon Pierre Leclerc, directeur des sports, c'est que la ville donne l'impulsion et que les associations s'investissent peu à peu pour prendre le flambeau.

Même si les soirées étudiantes ont toujours lieu "rue de La Soif", la poudre a bien pris. Les associations sont actives dans la plupart des domaines sauf dans celui du sport, où elles restent encore discrètes malgré la forte participation des citoyens. Aujourd'hui, des infrastructures seront ouvertes de 22 heures à 3 heures dans toute la ville et des activités nouvelles et variées seront proposées : du volley au tchouk ball en passant par le tennis de table flottant et le cécifoot. Ce soir, c'est la Nuit du Sport, venez nombreux !

Un miroir du ciel Place Coëtquen

Une fontaine en mémoire des flammes


Le grand incendie de décembre 1720, qui détruisit 10 000 bâtiments en 6 jours dans le centre-ville de Rennes, s’était éteint sous une pluie miraculeuse. C’est place Coëtquen que les dernières flammes se sont noyées et que se dresse depuis 1993 une fontaine. Elle fut commandée par la Ville de Rennes et la Direction Régionale des Affaires Culturelles à Claudio Parmiggiani en commémoration de cette bataille contre le feu.

Le sculpteur italien expose ainsi aux citoyens rennais une partie de son Œuvre qui, disséminée à travers plusieurs pays, met en scène le renouveau dans une certaine sobriété postmoderne. Sa fontaine est un édifice défiant le temps, une empreinte dont l’eau abondante, jaillissante et calme représente une renaissance perpétuelle qui rappelle aussi la longue reconstruction de la ville. La tête rêveuse d’une muse en marbre en blanc posée sur le socle de granit bleu des baptistères marque l’association des traditions italienne et bretonne.

Le rituel veut que l’on descende trois marches et mette entre parenthèses l’agitation urbaine pour entrer dans un espace propice à la méditation. L’eau reflète-t-elle les bâtiments environnants ou la voûte céleste, « agent de l’imaginaire » ? Le passant se regarde-t-il simplement comme dans un miroir car « se tourner vers le passé, c'est simplement une façon de se regarder soi-même » tel que l’estime Parmiggiani ?

Samedi après-midi, des jeunes se retrouvent près de la fontaine, s’asseyent parfois, et il arrive qu’une personne intriguée s’arrête un instant et s’approche pour se mirer dans l’eau. Digne d’une œuvre d’art, l’installation interpelle et fait réfléchir, l’interprétation étant laissée libre à chacun. Mais plus qu’une sculpture, la fontaine constitue bien un espace de repos et de rêverie, contrastant avec l’affolement de jadis.


mercredi 28 novembre 2007

Encyclopédie du monde estudiantin militant

Introduction
Cet abécédaire est le fruit d'une décompression collective suite aux échanges enflammés par emails via la liste de diffusion d'une promo universitaire beignée dans la friture du mouvement gréviste contre la LRU.
Les termes et définitions sont nés d'une réaction fort humaine qu'est l'humour face à la difficulté et à l'absurdité de la situation. Le point de vue est majoritairement celui d'anti-bloqueurs qui souhaitent étudier. L'opinion sur la loi, paradoxalement peu exprimée par les étudiants en dehors des AG, n'est pas prise en compte ici. Seules des réactions au mouvement sont à la base de ce lexique dont le ton est inévitablement sarcastique.


AG
Concept de l'apothéose de la glande mis en pratique dans une assemblée de glandeurs

Coyote
Etudiant habitant dans l'hypercentre pour pouvoir boycotter les cours plus efficacement.

Etudiant
Aller à la fac pour voir ce qu'il s'y passe et ce qu'on peut y faire. Ne pas confondre avec l'action d'étudier.

Glandeur
Etudiant qui cherche des occasions de ne pas aller en cours

Hugo Délire
Chef de troupes extrêmement gauchiste. Comme Melchior et ses potes, suivez des yeux l'Etoile du Berger. Les idiots regardent le mégaphone.

Pokemon
Face aux bloqueurs, les anti-bloqueurs évoluent en débloqueurs après avoir accumulé suffisamment d'expérience. Au final tout le monde débloque.

jeudi 15 novembre 2007

馬鹿外人瞬間主義 - Ils sont fous ces étrangers

Il était une fois un jeune homme américain, surnommé plus tard M-Dude, qui portait volontiers un t-shirt arborant des kanji trop cools dont il avouait ne pas connaître la signification. C’est ainsi qu’il partit au Japon, moins pour y apprendre le sens caché de ces idéogrammes que pour y découvrir la culture nippone et perfectionner ses connaissances linguistiques. En faisant ses valises, il décide de laisser aux Etats-Unis son t-shirt, au cas où le sens du motif heurterait les japonais.

Le premier kanji qu’apprend un occidental non érudit au Japon est 酒(Sake). Une des premières expressions qu’un étranger apprend au Japon au contact d’autres étrangers est Bakagaijin, baka signifiant idiot et gaijin étranger. La culture asiatique est tellement différente de la culture occidentale, que beaucoup de comportements européens ou américains paraissent différents, bizarres, anormaux aux japonais, tout comme beaucoup de gestes et attitudes sont inhabituelles, étranges, tellement « japonaises » aux yeux des étrangers. L’expression Bakagaijin s’utilise lorsqu’un étranger fait quelque chose qu’un japonais ne ferait jamais, ou ne ferait jamais de cette façon, tout simplement parce que ce n’est pas « japonais », et désigne ce que penserait un japonais en voyant cet étranger en action : « ils sont fous ces étrangers ».

Quelques exemples :

M-Dude s’adonna bien sûr à cette pratique, involontairement au départ, puis même volontairement de façon ludique. S’exprimer de façon hyper-trop-polie pour la circonstance en se diminuant à outrance et en élevant l’interlocuteur à un niveau de respect à peine atteignable pour un être humain, boycotter le rituel "peace" (^_^)V des japonais pour poser devant le photographe en prenant les pauses les plus originales possible, mettre en valeur statues, élements du décor en jouant un rôle… Une véritable discipline créatrice de fous rires.

Aller au Japon pour un étranger, c’est détruire tous les repères, toutes les normes sociales connues, ce qui suppose de se créer de nouveaux repères, adapter son mode de penser, son mode d’expression et son sens de l’humour. Vivre dans une communauté au Japon composée d’étrangers de tous continents suppose donc que des liens se créent, et que cette re-construction est à la fois individuelle et collective et guidée par les interactions composant les nouveaux groupes auxquels on appartient. Le Bakagaijinshunkanshugi, telle cette culture du bakagaijin que M-Dude a baptisée ainsi, est une composante de cette nouvelle forme d’humour créée de toutes pièces par les étrangers vivant au Japon. Shunkan signifie instant, et shugi le suffixe –isme.

Après presque une année de pratique intensive du Bakagaijinshunkanshugi, M-Dude rentre enfin chez lui. Il redécouvre ce t-shirt, et grâce à ses nouvelles compétences en linguistique japonaise et surtout en kanji, il est maintenant apte à lire ces caractères : Bakagaijin ! Quelle surprise, quel étonnement, et quel voyage, pour enfin comprendre la profonde signification de ces signes. Car il faut avoir été étranger au Japon pour arriver à une véritable compréhension de cette mystérieuse expression.

Tiens, un panneau...

Rentrée à l’Université, on reprend ses anciens repères, on retrouve des lieux si longtemps délaissés pendant les vacances d’été et la plupart du temps on se dit que rien n’a changé. Pourtant que de nouveautés à Rennes 2 pour les habitués, puisque dès la sortie de métro on découvre de nouveaux panneaux. Design soigné, breton ajouté. Alors une idée passe :
devra-t-on arrêter d’orienter les premières années qui ont du mal à trouver vers quel bâtiment se diriger ? Ou bien est-ce pour faire beau, que ces nouveaux panneaux se dressent bien haut ?

Petite promenade au service Gestion du patrimoine et logistique immobilière au quatrième étage de la Présidence et rencontre avec M. Flavien Sorette. On y apprend que la nouvelle signalétique du campus Villejean fait partie du dernier contrat de plan Etat-Région (CPER) qui a permis de débloquer les fonds nécessaires à ce projet. Financé par Rennes Métropole, la Région et l’Etat, il inclut les panneaux plan de masse et calendrier événementiel, les bancs qui les accompagnent et la signalisation des bâtiments en couleur.


Si les anciens étudiants de Rennes 2 se perdent parce que le nom des amphithéâtres a été modifié, c’est par souci de cohérence et de lisibilité… effectives dès que la signalétique intérieure sera mise en place. En tout cas les purs bretons seront heureux de remarquer que le verso des plans de masse est en breton, les indépendantistes devront encore attendre qu’on enlève le recto en français, mais ça risque de prendre un peu de temps. Le designer Eric Jourdan aurait opté pour un aspect pochoir, des formes asymétriques, monochromes, pour se rapprocher du travail qui pourrait être effectué par les étudiants en arts plastiques. Le lettrage existant réalisé par un concepteur rennais a été conservé et mis en couleur pour la cohérence d’ensemble.

Le résultat est plutôt discret, certains étudiants ont à peine remarqué les panneaux. On est donc loin d’être agressé par des indicateurs qui tireraient l’œil, mais on est guidé et orienté par un affichage bien adapté à la géographie des lieux. Etrangés à l’esprit campus, les visiteurs extérieurs devront apprendre à se familiariser avec le décor et l’ambiance tranquille de l’université, car les affichages anarchiques de type A4 pour flécher l’amphithéâtre des conférences d’un colloque international exceptionnel ou pour annoncer le prochain rassemblement culinaire d’importance seraient à proscrire. Harmonie, ordre, cohérence, sans bousculer les esprits.

dimanche 4 novembre 2007

Feuilles rouges

L'automne est arrivé. Non pas parce que les bretons ont sorti leur manteau, mais parce que les feuilles rougissent.
Petite promenade donc dans ma petite ville pour rendre hommage aux jardiniers cessonnais qui ont si bien choisi les arbres et ont créé cet environnement coloré tout au long de l'année.
Petite pensée pour le Japon où le changement de couleurs des feuilles d'érable est tellement apprécié.
Petit sourire pour cette famille qui fait sa promenade du dimanche et dont certains membres ne cachent pas leur ennui.
Petite réflexion sur cette ville privilégiée, si calme, si jolie, si quasi-parfaite pour reprendre les mots de quelques amis étrangers qui sont venues me rendre visite. A-t-on vraiment le droit de se plaindre ?
Petite pensée pour Internet et les collectivités virtuelles. Est-ce que les membres de Facebook qui ont créé ce groupe rassemblant les internautes de Cesson-Sévigné se sont vraiment rencontrés en réalité ? Ou bien se crée-t-il en ce moment-même un deuxième Cesson-Sévigné, virtuel celui-ci ?
Plus de piles dans mon appareil photo, demi-tour au prochain rond-point.

vendredi 2 novembre 2007

Jumelage d’émeraude pour Sendai et Rennes

Mais pourquoi tant de japonaiseries à Rennes cette année ? La dernière en date est l’exposition photo sur Sendai à l’Université de Rennes 2, qui succède à une suite de manifestations très diverses : concerts, animations, ateliers d’origami, expositions, cinéma…et la participation de Sumiko Suzuki (15ème) et Katsuhiro Mori (36ème) à Tout Rennes Court.

On fête cette année les 40 ans de cette entente entre la « Cité des Arbres » du Japon et la Métropole rennaise. Une amitié née le 6 septembre 1967 qui s’explicite d’abord par des manifestations culturelles et la présence de Sendai à la Foire Internationale de Rennes. Le nombre et la variété d’échanges s’intensifient à partir de 1987 avec notamment la participation d’athlètes rennais au Semi-Marathon de Sendai et celle des athlètes japonais à Tout Rennes Court. Un jumelage actif qui dure.

Si cette alliance enchaîne les anniversaires, c’est peut-être que les villes se ressemblent et ont grandi ensemble. Sendai, capitale de la région de Tôhoku située à 300km de Tokyo au nord de Honshû, est l’une des 11 villes les plus importantes du Japon et accueille une quinzaine d’universités, quelques 50 000 entreprises et un technopôle de recherche. Très actives culturellement, ces deux villes jumelles montrent en ce moment même leurs atouts et leur volonté de perpétuer cette amitié. Mettons-nous au Japon, ça risque de durer.