jeudi 29 novembre 2007

Un miroir du ciel Place Coëtquen

Une fontaine en mémoire des flammes


Le grand incendie de décembre 1720, qui détruisit 10 000 bâtiments en 6 jours dans le centre-ville de Rennes, s’était éteint sous une pluie miraculeuse. C’est place Coëtquen que les dernières flammes se sont noyées et que se dresse depuis 1993 une fontaine. Elle fut commandée par la Ville de Rennes et la Direction Régionale des Affaires Culturelles à Claudio Parmiggiani en commémoration de cette bataille contre le feu.

Le sculpteur italien expose ainsi aux citoyens rennais une partie de son Œuvre qui, disséminée à travers plusieurs pays, met en scène le renouveau dans une certaine sobriété postmoderne. Sa fontaine est un édifice défiant le temps, une empreinte dont l’eau abondante, jaillissante et calme représente une renaissance perpétuelle qui rappelle aussi la longue reconstruction de la ville. La tête rêveuse d’une muse en marbre en blanc posée sur le socle de granit bleu des baptistères marque l’association des traditions italienne et bretonne.

Le rituel veut que l’on descende trois marches et mette entre parenthèses l’agitation urbaine pour entrer dans un espace propice à la méditation. L’eau reflète-t-elle les bâtiments environnants ou la voûte céleste, « agent de l’imaginaire » ? Le passant se regarde-t-il simplement comme dans un miroir car « se tourner vers le passé, c'est simplement une façon de se regarder soi-même » tel que l’estime Parmiggiani ?

Samedi après-midi, des jeunes se retrouvent près de la fontaine, s’asseyent parfois, et il arrive qu’une personne intriguée s’arrête un instant et s’approche pour se mirer dans l’eau. Digne d’une œuvre d’art, l’installation interpelle et fait réfléchir, l’interprétation étant laissée libre à chacun. Mais plus qu’une sculpture, la fontaine constitue bien un espace de repos et de rêverie, contrastant avec l’affolement de jadis.


1 commentaire:

Anonyme a dit…

tres intiresno, merci